La relation entre le manque de magnésium, le surpoids et le diabète

Chers amis, 

La carence en magnésium suffit, à elle seule, à faire grossir.

Je sais : dit tout simplement comme cela, ça ne paraît pas crédible.

L’explication complète est plus convaincante… mais un petit peu plus compliquée ! Je vais faire de mon mieux pour vous l’expliquer. 

Coup de théâtre à Kashikojima 

La découverte du rapport étroit entre le magnésium et le surpoids date d’une quinzaine d’années.

Le nutrithérapeute Jean-Paul Curtay en a été témoin : celle-ci fut révélée en 2006 lors du XIe Symposium international sur le magnésium, dans un petit village de pêcheurs de perles noires au Japon, Kashikojima. 

Oui, le magnésium est si important qu’il existe des congrès internationaux de chercheurs sur le rôle de ce minéral !

Ce symposium donc, organisé par le Dr Jean Durlach, pionnier des découvertes sur l’importance médicale du magnésium et décédé en 2017 à l’âge honorable de 92 ans, fut cette année-là une succession d’interventions de chercheurs qui révélaient comment la seule carence en magnésium se retrouvait systématiquement dans les cas de surpoids.

Le mécanisme est redoutable, et implacable.

Pour le comprendre, il faut que je vous parle du rôle essentiel du magnésium dans la production de notre énergie au quotidien. 

Ce qui nous donne de l’énergie 

Qu’est-ce qui nous donne de l’énergie ?

C’est d’abord, vous le savez, ce que nous mangeons.

Plus exactement, le glucose et les acides gras de notre alimentation : mais quand ils arrivent dans notre organisme, ils ne sont pas disponibles immédiatement. Il faut les « convertir » en ATP, c’est-à-dire en une sorte de pile moléculaire d’énergie. Un peu comme une batterie.

Or, qu’est-ce qui permet de « convertir » le glucose et les acides gras en ATP ? C’est le magnésium.

Le magnésium n’est pas le seul à intervenir, naturellement, mais il est indispensable dans cette étape.

Or, lorsque l’on consomme une nourriture riche en calories et pauvre en magnésium, comme cela est malheureusement devenu la norme dans les pays industrialisés, on « fait le plein » de glucose et d’acides gras… et on manque de magnésium pour le transformer en énergie.

Ce glucose et ces acides gras, alors, se stockent. Ils ne servent à rien : on prend du poids.

La cerise sur le gâteau : le stress

Mais avec une carence en magnésium, il y a un double effet caché, qui aggrave le premier.

Et là, je vais vous parler de stress.

Ça, c’est connu depuis longtemps : le manque de magnésium augmente la vulnérabilité au stress.

Or, quelle est la réponse au stress de la plupart des gens ? Ils mangent plus.

Ils mangent plus de nourriture, ils mangent plus souvent (ils grignotent entre les repas) et, cerise sur le gâteau, ils mangent plus d’aliments sucrés.  

Donc, non seulement le manque de magnésium empêche les calories d’être transformées en énergie… mais elle en fait consommer plus !

Que deviennent alors ces calories « inutiles » ?

Le glucose et les acides gras qui n’ont pas pu être transformés en énergie repassent par le foie, et forment des triglycérides.

Ces triglycérides entraînent du surpoids quand ils sont captés puis stockés par le tissu adipeux et du diabète quand ils sont en circulation.

Les effets du manque de magnésium sur le poids et le diabète sont encore amplifiés par le fait que ce manque de magnésium réduit l’énergie disponible.

De ce fait, la personne se sent fatiguée, et donc non seulement bouge moins, mais encore mange plus pour compenser. Et les calories prises en plus ne peuvent toujours pas produire de l’énergie si l’on ne corrige pas le manque de magnésium.

Mais ce n’est pas tout !

Le début du cercle vicieux du diabète… 

Le surpoids est la première conséquence du manque de magnésium. 

Mais ce même manque peut entraîner, si vous m’avez bien suivi, une pathologie plus préoccupante : du diabète.

Comment ? 

Eh bien, par les rapports étroits, là encore, qu’entretiennent le magnésium et, cette fois, l’insuline.

L’insuline est le moteur principal de l’accumulation des graisses.

Or, le récepteur qui lui permet d’agir pour faire pénétrer le sucre dans les cellules est activé par un apport de phosphore (un processus que l’on appelle la phosphorylation), une opération qui ne peut se faire que par l’intervention du magnésium.

Autrement dit, le manque de magnésium rend résistant à l’insuline, laquelle doit augmenter pour avoir le même effet !

En outre, le manque de magnésium altère le sommeil (d’où votre fatigue au réveil si vous en manquez) : il réduit en effet la capacité à produire de la mélatonine, et altère les neurotransmetteurs impliqués dans le sommeil.

Vous voyez le cercle vicieux :

  • Le manque de magnésium augmente le stress… qui altère le sommeil, est inflammatoire et augmente l’attirance pour le sucré.
  • Le manque de sommeil à son tour accroît la vulnérabilité au stress, aux dépendances (dont celle au sucre), ainsi qu’au surpoids, et est lui-même inflammatoire.
  • Ce surpoids dérègle peu à peu le bon fonctionnement de notre insuline et nous rapproche du diabète de type 2.

Des chercheurs se sont donc penchés sur les effets d’une supplémentation en magnésium chez les diabétiques. Les résultats sont éloquents.

… et le début du cercle vertueux de la prise de magnésium !

Dans une étude en double aveugle chez 63 diabétiques de type 2 déficitaires en magnésium, la supplémentation en magnésium a abaissé significativement la glycémie à jeun, l’hémoglobine glyquée et l’index HOMA[1].

Dans neuf études randomisées[2] utilisant une dose moyenne de 360 mg de magnésium par jour pendant 12 semaines, on a constaté :

  • une baisse significative de la glycémie à jeun ;
  • une baisse (non significative) de l’hémoglobine glyquée ;
  • une augmentation significative du cholestérol HDL (le « bon » cholestérol).

Enfin, une étude[3] a été réalisée auprès de 60 patients diabétiques âgés en moyenne de 71 ans recevant soit 368 mg de magnésium par jour, soit un placebo.

Les patients supplémentés ont connu une amélioration significative de la fonction endothéliale et de la vasodilatation.

Par ailleurs, d’autres études montrent de clairs effets anti-inflammatoires et anti-surpoids des compléments en magnésium[4].

En effet, ceux-ci réduisent l’hyperactivité des globules blancs – cette hyperactivité étant inflammatoire.

Le magnésium intervient aussi dans la production de sérotonine, laquelle freine l’attirance pour le sucré, et dans celle de la mélatonine, essentielle à un bon sommeil.

S’ajoute donc à tout ce que nous avons vu le fait que le manque de magnésium favorise les dépendances au sucre et le manque de sommeil.

Encore deux mécanismes qui jouent des rôles importants dans le développement d’un diabète !

Autrement dit, les compléments de magnésium aident à lutter non seulement contre le syndrome métabolique, mais aussi contre ses autres dimensions, comme l’hypertension et les dyslipidémies, qui mènent aux maladies cardiovasculaires.

Oui, le cœur et le système cardio-vasculaire sont un autre grand bénéficiaire d’une complémentation en magnésium.

C’est cependant à un autre bénéficiaire « indispensable » que je consacrerai ma prochaine lettre : vos os… et donc le combat contre votre risque d’ostéoporose.

Portez-vous bien,

Docteur Dominique Rueff


[1] Rodríguez-Morán, M. & Guerrero-Romero, F. (2003). Oral magnesium supplementation improves insulin sensitivity and metabolic control in type 2 diabetic subjects: a randomized double-blind controlled trial. Diabetes Care 26 (4) : 1147-52. doi: 10.2337/diacare.26.4.1147. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12663588/

[2] Song, Y. He, K., Levitan, E. B. et al (2006). Effects of oral magnesium supplementation on glycaemic control in Type 2 diabetes: a meta-analysis of randomized double-blind controlled trials. Diabet Med 23 (10) : 1050-6. doi: 10.1111/j.1464-5491.2006.01852.x. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16978367/

[3] Barbagallo, M., Dominguez, L. J., Galioto, A., et al. (2010). Oral magnesium supplementation improves vascular function in elderly diabetic patients. Magnes Res 23 (3) : 131-7. doi: 10.1684/mrh.2010.0214. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20736142/

[4] Cahill, F., Shahidi, M., Shea, J. et al (2013). High Dietary Magnesium Intake Is Associated with Low Insulin Resistance in the Newfoundland Population, PLoS One 8 (3) : e58278. doi: 10.1371/journal.pone.0058278. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23472169/



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