Comment vivre plus longtemps en bonne santé avec une vraie prévention nutritionnelle ?

Chère amie, cher ami,

M’apprêtant à rédiger une lettre sur l’intérêt du dosage de l’homocystéine, j’ai découvert une publication fort intéressante qui m’a fait reporter ce projet.

Le titre de cette publication, « Alimentation : préserver son métabolisme de base pour vivre plus longtemps en bonne santé »[1], rejoint ce concept de « prévention active » que j’ai développé dans l’un de mes derniers livres[2] et auquel je reste très attaché.

Les deux co-auteurs[3] introduisent leur propos en rappelant que « l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité, reste très inférieure à l’espérance de vie. En France, en 2018, la première était de 63,4 ans pour les hommes et de 64,5 ans pour les femmes, tandis que la seconde atteignait 79,4 ans pour les hommes et 85,3 ans pour les femmes. »

C’est de cet énoncé que surgit la question : comment modifier cette réalité ? Comment augmenter son espérance de vie en bonne santé afin de ne pas, ou le plus tard possible, être confronté à la maladie ?

Le paradoxe de la nutrition préventive

On pourrait s’attendre à ce que la nutrition préventive, dont je vous parle régulièrement, ait un impact sur les populations vieillissantes. Or, on observe que les années de vie en bonne santé avant le décès n’augmentent pas : les maladies chroniques (diabète de type 2, stéatose hépatique, etc.), les maladies cardiovasculaires et les maladies de dégénérescence cérébrale comme Parkinson et Alzheimer, continuent d’handicaper les populations vieillissantes. De plus, certaines de ces maladies (comme le diabète) surviennent de plus en plus tôt.

On peut avancer diverses explications :

  • le manque d’éducation nutritionnelle, ou la mauvaise qualité de cette éducation ;
  • une méconnaissance des effets potentiels des « conseils nutritionnels » et une grande confusion entre les programmes diététiques (tout ce qui concerne la régulation des apports alimentaires, les régimes) et les programmes nutritionnels (recherche et correction des déséquilibres en nutriments) ;
  • les conséquences, en particulier chez les jeunes enfants, des abus de la publicité à propos de la malbouffe et des sucreries ;
  • Le manque de temps et de moyens conduisant à la consommation quasi-quotidienne de préparations industrielles ultra-transformées, trop salées, trop sucrées, trop énergisantes, etc. ;
  • le laisser-aller et la résignation de certains parents vis-à-vis des désirs alimentaires de leurs enfants ;
  • l’absence de conseils nutritionnels spécifiques pour les femmes enceintes, et pour le sevrage des enfants.

Avant l’existence de la « carte Vitale », les médecins donnaient une « feuille de maladie » à leurs patients afin qu’ils puissent se faire rembourser leurs prescriptions. Je déplorais, déjà, qu’ils ne leurs donnent pas également une « feuille de santé » !

Nous en sommes toujours là, et la « médecine de la santé » reste une utopie inaccessible parce que, pour le praticien, elle prend trop de temps, demande trop de connaissances et n’est pas justement rémunérée.

La santé par la prévention ne fait pas vraiment partie de notre culture médicale, et la prévention nutritionnelle encore moins. La plupart des gens ne s’intéressent à leur régime que lorsqu’ils sentent qu’ils en ont ponctuellement besoin :

  • pour perdre du poids ;
  • parce qu’ils sont fatigués, manquent d’énergie ;
  • pour accompagner un traitement médicamenteux plus ou moins bien toléré ;
  • en cas de pathologie à priori induite par une mauvaise nutrition ou une trop grande sédentarité : augmentation des lipides sanguins, de la glycémie ou inflammations hépatiques liées à l’alcool, etc.

… Ou quand leur thérapeute insiste pour qu’ils modifient leur façon de manger.

Mais il est alors beaucoup trop tard pour parler de PRÉVENTION NUTRITIONNELLE !

C’est souvent à la suite d’une consultation que vous découvrez que :

  • vous avez un poids trop élevé ou insuffisant ;
  • vous souffrez de fatigue chronique ;
  • vous dormez mal ;
  • vous êtes trop angoissé(e) ;
  • vous êtes déprimé(e) ;
  • vous avez une mauvaise tension artérielle ;
  • votre foie est trop gros ou trop gras ;
  • vous avez des douleurs anormales, etc. ;

ou à la suite d’une analyse biologique que vous découvrez que :

  • vous avez trop de sucre dans le sang, donc vous risquez de devenir diabétique ;
  • vous avez trop de graisses dans le sang, ce qui représente un risque cardiovasculaire ;
  • vous avez trop d’urée, d’acide urique, et donc vos reins fonctionnent mal ;
  • vous avez des carences en vitamine D, en fer, etc. ;
  • votre thyroïde sécrète trop ou pas assez d’hormones ;
  • vous souffrez d’inflammation chronique ;
  • vos analyses hépatiques (transaminases, gamma-GT) ne sont pas normales ;
  • vous manquez de telle ou telle hormone, etc.

Malheureusement, les conseils de votre praticien ne proposent souvent qu’une réponse « minimaliste » :

  • Vous avez trop de cholestérol ? Prenez un médicament anticholestérol et tout rentrera dans l’ordre ;
  • Vous avez trop de sucre ? Mangez moins de sucre et prenez un antidiabétique (même naturel) ;
  • Vous avez trop d’acide urique ? Prenez un médicament inhibant sa synthèse ;
  • Vous avez trop de tension ? Prenez un anti-hypertenseur (même naturel), etc.

La nutrition préventive arrive donc trop tard !

À ces réponses, les deux co-auteurs précités réagissent :

 « Jusqu’à aujourd’hui, les recherches en nutrition préventive se sont principalement concentrées sur la prévention secondaire, qui vise à réduire la prévalence d’une maladie dans une population, et sur la prévention tertiaire, destinée à minimiser les conséquences de l’incapacité résultant de la maladie.

Autrement dit, les préceptes de la nutrition préventive sont généralement mis en œuvre dans la seconde moitié de la vie, lorsque les individus sont déjà à risque, voire affectés, par des problèmes de santé liés au vieillissement.

Pour être efficace, une véritable prévention nutritionnelle primaire devrait au contraire être appliquée très tôt, au moins pendant la première moitié de la vie, idéalement en commençant par la mère, avant la conception et pendant les 1 000 jours suivant la naissance de l’enfant.

Cette approche se heurte cependant à une question scientifique sous-estimée : formuler des recommandations nutritionnelles efficaces implique de connaître les facteurs qui permettent à un individu de rester en bonne santé. Or, paradoxalement, l’état de « bonne santé » lui-même n’est pas bien caractérisé, et il reste beaucoup à faire dans ce domaine de recherche.

D’un point de vue scientifique, plusieurs questions restent à explorer : qu’est-ce que l’état sain ? Quelles sont les caractéristiques métaboliques qui le caractérisent (avant que n’apparaissent les marqueurs des maladies) ? Comment ce profil métabolique sain évolue-t-il dans le temps ? »

Pour « enfoncer le clou », je citerai les conclusions d’un article de Julien Hernandez, publié le 20 février 2020 sur le site « futura-sciences »[4], à propos des bienfaits de l’alimentation méditerranéenne sur notre santé, par l’intermédiaire de son action sur notre microbiote : « On remarque à nouveau le potentiel préventif que possède l’alimentation sur notre état de santé. Un potentiel trop peu exploité, avec des consultations diététiques quasi-inexistantes dans le parcours médical de la population générale, non remboursées par la Sécurité sociale, connotées négativement par des idées préconçues anachroniques de restriction alimentaire, et enfin par la présence de brebis galeuses dont l’objectif est avant tout mercantile. » 

Quelle définition donner à la santé ?

Je réfléchis depuis de nombreuses années à cette question soulevée par les deux auteurs dans leur article.

Quels examens cliniques ou biologiques peuvent être proposés pour y répondre ?

On ne peut pas se contenter de mesurer le poids, la taille, la qualité du sommeil et la présence ou l’absence de stress pour savoir si l’on est, on non, en bonne santé.

On ne peut pas non plus se reporter aux seules questions de capacités mémorielles et cognitives. Car nous avons tous connu des personnes qui n’ont pas une bonne mémoire, ou une mémoire très sélective, et qui ne feront jamais de maladie de dégénérescence cérébrale.

La forme est également un « marqueur » très relatif : nous connaissons tous des gens qui se plaignent de ne pas « être en forme », mais qui vivent bien et plus longtemps qu’une majorité d’entre nous.

On ne peut pas non plus considérer la seule qualité de la peau, des phanères (cheveux, poils, ongles), de la vision ou de l’audition, etc., car nous connaissons tous des malvoyants ou malentendants en très bonne santé.

Il existe bien quelques tests cliniques simples qui explorent les réflexes, l’équilibre, la tonicité de la peau ou l’adaptation visuelle avec l’âge. Mais leur intérêt reste limité.

Si la durée de vie s’est allongée dans les pays industrialisés, il n’en est pas de même pour la « durée de vie en bonne santé », comme le soulignent les auteurs cités : « Pourtant, les épidémies de maladies chroniques telles que le diabète de type 2, la stéatose hépatique ou l’obésité continuent à augmenter chaque année partout dans le monde. Conséquence : les années de vie en bonne santé stagnent, laissant une durée de vie toujours plus longue avec des handicaps. Aujourd’hui, la durée de vie moyenne en mauvaise santé (morbidité) de la population française est d’environ 18-19 ans, ce qui est de plus en plus difficilement supportable, humainement et économiquement. » 

Et si l’on s’intéressait aux biomarqueurs de santé ?

Ils font depuis longtemps l’objet de mes recherches. Au cours de mon expérience personnelle, j’en ai identifié plusieurs, dont je vous donne la liste (non exhaustive) ci-dessous.

Pour chacun de nous, le problème est quasiment semblable : doit-on investir dès à présent dans des bilans biomarqueurs qui vont nous permettre de surveiller notre santé, ou bien attendre l’apparition de la maladie, avec ses handicaps, ses coûts et ses souffrances ?

Chacun répondra en fonction :

  • de son niveau d’information et de culture en matière de santé (auquel j’espère modestement contribuer) ;
  • de ses moyens financiers.

Voici les tests que je propose :

– Bilans protéomiques (PROTEOMIS®)[5] ;

– Statuts en minéraux (zinc[6], sélénium, fer, cuivre, etc.) ;

– Bilans d’équilibres vitaminiques (vitamine D[7], vitamines B[8] (B6, B9, B12), etc.) ;

– Bilans de stress oxydant (radicaux thiols, vitamine C, glutathion, glutathion peroxydase, T-Bars, 8-OHdG sanguine et urinaire…)[9] ;

– Bilans des acides gras érythrocytaires[10] (afin d’optimiser les apports lipidiques notamment en oméga-3) ;

– Recherche d’intoxications environnementales et notamment de présence de métaux lourds ou toxiques ;

– Bilans des apports en protéines et en acides aminés, chez les sportifs ou chez toute personne exprimant une fatigue musculaire ou un amaigrissement inexpliqués ;

– Évaluation de la méthylation[11] ;

– Évaluation du microbiote, de sa perméabilité intestinale et éventuellement de ses intolérances alimentaires ;

–  Dosage de l’homocystéine sanguine (que je traiterai dans une prochaine lettre) ;

–  Dosage des LDL oxydées ou des anticorps anti-LDL oxydées, afin de préciser les risques cardiovasculaires liés au stress oxydant.

Le choix et la régularité de ces bilans seront fonction de chaque situation spécifique.

Bien sûr, il n’est pas question de réaliser tous ces bilans systématiquement, mais, par expérience, je suis persuadé qu’un usage raisonné et raisonnable de ces biomarqueurs permet de mieux se protéger et d’augmenter sa capacité à vieillir en bonne santé, donc sans handicap et sans maladie.

Docteur Dominique Rueff


[1] https://theconversation.com/alimentation-preserver-son-metabolisme-de-base-pour-vivre-plus-longtemps-en-bonne-sante-129012?utm_source=facebook&utm_medium=footerfacebookbutton&fbclid=IwAR0JjgEDLSFydE_O9oD3-XsZDcIqo16653FmLVWO8djq5Bl-hlcJlQOdZ_c

[2] Mieux que guérir. Les bénéfices de la médecine alternative, Éditions Josette Lyon, 2011

[3] Anthony Fardet, chargé de recherche en alimentation préventive et holistique à l’UMR 1019 – Unité de Nutrition humaine, Université de Clermont-Auvergne, et Edmond Rock, directeur de recherche à l’ l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).

[4] https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/nutrition-regime-mediterraneen-certains-effets-expliques-partiellement-via-microbiote-79677/?fbclid=IwAR247X8kyvypGx2AW-49vVmkU1_MNb8x5yohHe1KBlpLAKP3sufPKw2rDuk

[5] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/bilan-proteomis-tresor-de-plus-sante/

[6] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/et-mon-petit-zinc-2/

[7] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/vitamine-d-21-raisons/

[8] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/un-plan-b-pour-votre-sante/

[9] http://www.stress-oxydatif.com/

[10] Sur la membrane des globules rouges.

[11] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/une-bonne-methylation-pour-une-meilleure-sante/



N'hésitez pas à commenter la lettre de ce jour ci-dessous. Veuillez cependant noter que, en raison du très grand nombre de commentaires, le Dr Rueff ne pourra pas vous répondre individuellement.


11 réponses à “Comment vivre plus longtemps en bonne santé avec une vraie prévention nutritionnelle ?”

  1. Véronique Françaix dit :

    Bonjour et merci pour tous ces cpnseils.
    A Paris ou trouver un médecin qui pratique la médecine comme vous ?
    Merci
    Bien à vous

  2. Nadine dit :

    Merci pour tous ces renseignements. Mais tout ceci n’est pas réalisable ! Je suis certaine que mon médecin généraliste ne voudra pas me faire les ordonnances et les laboratoires ne font pas d’analyses sans prescription ça j’en suis sûre car j’ai déjà eu le problème. Il n’y a que pour le dosage de la vitamine D et les tests de grossesse qu’ ils acceptent quand même, éventuellement un ECBU en urgence. Bien sûr il faut payer à la commande et vu les taris ça doit coûter une fortune tous ces examens. Vous auriez dû donner les prix !
    Une fois de plus, on a la médecine des riches et celle des pauvres ou modestes qui auront des dépenses obligatoires qui passeront avant les examens médicaux, comme réparer la voiture pour pouvoir aller travailler et gagner son petit-moyen salaire.

  3. Claire chevallier dit :

    On comprend bien l’intérêt du preventif et de surveiller son état de santé par des analyses avant d’être vraiment malade. En ce qui me concerne, j’ai une faiblesse de la thyroïde, j’ai demandé à mon médecin de me faire une ordonnance pour tester les RT3, il a refusé…. alors comment fait on pour accéder aux tests que vous recommandez…. à qui s’adresser, même en payant de sa poche ?

  4. Robert dit :

    Bonjour Docteur,
    Je vous suis depuis des années.A travers vos livres et vos lettre depuis 3-4 ans? ou plus ?. Toujours avec beaucoup d’intérêts . Vos articles sont toujours enrichissant et explicites. J’ai une question qui me trotte dans la tête depuis longtemps. Les suppléments alimentaires sont nécessaire c’est évident , avec des doses journalières conseillées , bien , mais il n’est jamais mentionnée pendant combien de temps . 1 mois 2 mois à perpette ? Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avaler quotidiennement le maximum de tous les vitamines et autres sels minéraux pendant 1mois 2 mois et plus . Non? .Aucun être humain ne s’est jamais nourrie en ayant à disposition dans sa nourriture ,tous les jours, tous les éléments vitales indispensables. Meilleurs salutation Robert Hilfiker

  5. Fauconnet dit :

    Bonjour
    Très intéressant cet article.
    Mais qui propose ce genre d’analyses ?
    J’habite la région lyonnaise et j’aimerai
    trouver un médecin compétent.
    Auriez-vous des coordonnées à me donner ?
    Cordialement

    • LyL dit :

      Je suis comme vous, je souhaite consulter un(e) médecin compétent(e) pour faire les examens/tests nécessaires, avoir un programme adéquat, être suivie et ne pas faire n’importe quoi. Je suis en Normandie et je peux aussi aller sur Paris.

      Si vous trouvez le moyen d’obtenir des contacts dans ce sens pourriez-vous nous indiquer la voie à suivre?
      Cordialement.

  6. MAHE dit :

    bonjour, merci pour votre article . toujours interessant .
    pouvez-vous me donner les coordonnées des laboratoires qui font toutes les analyses que vous avez décrites?
    auriez-vous également les coordonnées d’un médecin à Rennes et sa région qui soigne avec des compléments alimentaires naturels et qui a une vision médicale comme la votre.
    je vous remercie

  7. Pascale PETIT dit :

    Bonjour Docteur Rueff,
    Je suis intéressée par votre offre que je viens de recevoir pour les vidéos ainsi que vos livres.
    Seule question : est-ce que je pourrai regarder vos vidéos en différé ou les enregistrer pour les regarder plus tard ? En effet, je travaille et je eux ne pas être disponible pendant une quinzaine de jours.
    Merci d’avance pour votre réponse.

  8. PRUDENT Fabienne dit :

    Merci pour toutes ces informations très utiles. En ce qui concerne les tests et analyses que vous proposez, j’aimerais savoir
    1° s’il y a des labos spécialisés pour ces tests ou si on peut les faire dans n’importe quel labo d’analyses médicales ?
    2° une fourchette de prix pour chacun des tests vu qu’ils ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie.
    3° Faut-il une ordonnance d’un médecin ou d’un naturopathe pour savoir lesquels faire en fonction du bilan de santé.
    Merci à l’avance pour vos réponses et un immense merci pour vos newsletters que je lis et que je relis pour certaines avec un immense intérêt et qui nous aident à rester en bonne santé.

  9. magali gyselynck dit :

    bonjour,
    j’ai lu avec grand interet votre article comme à chaque fois, et ma question est qui peut nous prescrire ces tests et les interpréter, je passe toujours pour une extra terrestre lorsque je demande des choses qui sortent des sentiers battus à mon médecin voir une illuminée,
    je suis sur paris, peut-être avez vous un confrére à me conseiller.
    merci de votre retour ,
    bien cordialement,

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