La vitamine C et ses alliés pour une « super-santé » – Première partie

Si demain, on m’envoie sur une île déserte et qu’on m’autorise à emporter un seul complément nutritionnel, je choisis sans hésiter la vitamine C.

La vitamine C, ce « bouclier » contre de multiples agents infectieux, participe de ce que j’appelle la « super-santé ». Elle peut être le gage d’une meilleure et plus longue vie, par le biais d’une prévention efficace. On est là au cœur du concept de médecine orthomoléculaire si cher à mon cœur.

Vous allez mieux me comprendre à la lecture de ce qui suit.

 

On ne peut pas vivre sans vitamine C !

Que se passe-t-il si on est très carencé en vitamine C ?

Dans les cas les plus graves, on peut avoir le scorbut. Cette terrible maladie faisait autrefois des ravages sur toutes les mers du monde. En effet, les équipages n’avaient accès qu’à une alimentation très pauvre en fruits et légumes, sources essentielles de vitamine C. D’ailleurs en 1535, les marins de Jacques Cartier furent sauvés du scorbut grâce à une décoction d’aiguille de pin (riche en vitamine C) offerte par les Amérindiens. En 1595, un capitaine de navire anglais embarqua avec une cargaison de citrons, donnant quotidiennement quelques gouttes à son équipage afin de prévenir cette maladie avec succès.

Tout ceci peut sembler « historique », mais en réalité, une équipe de médecins niçois a décrit au mois de juin 2019 le cas de trois patients ayant présenté des symptômes de scorbut entre 2017 et 2018 en France[1].

Après un à trois mois de carence totale en vitamine C (ou d’apports insignifiants), on va ressentir rapidement les symptômes suivants : fatigue extrême, amaigrissement, perte d’appétit, douleurs articulaires et musculaires, œdèmes, diverses hémorragies souvent conjonctivales et gingivales, provoquant des ecchymoses et hématomes, des déchaussements des dents…

Pour arriver à ce stade de carence, il faut avoir une alimentation monotone manquant totalement d’apports en fruits et légumes. Ce tableau est le plus souvent lié à une extrême pauvreté ou des troubles psychiatriques comme l’anorexie, mais également l’alcoolisme.

Le corps ne peut pas synthétiser la vitamine C, comme les autres vitamines, et il est indispensable que celle-ci soit apportée par l’alimentation en dose suffisante. Cela se fait habituellement en consommant des légumes et des fruits frais. Les réserves de l’organisme sont faibles, limitée à 1 500 mg, ce qui explique l’installation des troubles scorbutiques en seulement trois mois.

Mais attention ! Ces quantités sont considérablement modifiées en fonction de la qualité des aliments, de leur conservation et de leur préparation : cuisson à l’eau, blanchiment avant congélation, chaleur, oxydation due au stockage, réchauffage, pasteurisation, etc., peuvent détruire en partie la vitamine C et diviser par trois son apport.

Un déficit en vitamine C peut aussi être lié à d’autres causes :

  • une défaillance de l’absorption au niveau des intestins : gastrite, maladie de Crohn… ;
  • après une intervention chirurgicale sur les intestins ;
  • une alimentation par sonde gastrique ou une dialyse rénale mal équilibrée.

Mais ce déficit peut également être la conséquence d’un besoin accru en vitamine C :

  • grossesse ou allaitement ;
  • cicatrisation après une intervention chirurgicale ;
  • en cas d’infections ;
  • lors de certains traitements comme la chimiothérapie ou la radiothérapie ;
  • chez les fumeurs (la nicotine diminue l’absorption de vitamine C).

Le risque de carence (enquête INSERM Val de Marne[2]) existe chez 3 à 5 % des femmes et 8 à 12 % des hommes. Le risque est plus grand chez les personnes de plus de 65 ans.

En France, les apports quotidiens recommandés (AQR) sont actuellement de 110 mg par jour (35 mg pour les nourrissons et enfants de moins de 3 ans, 4 à 60 mg pour les enfants jusqu’à 12 ans et 120 mg chez les fumeurs). Mais attention ! Les AQR ne reflètent que la quantité nécessaire pour ne pas risquer de déficiences.

C’est là toute la réflexion du thérapeute en « nutrition orthomoléculaire » : chercher à dépasser cette notion de besoin minimal afin de trouver, pour chaque individu, en fonction de situation, le besoin optimal pour une santé maximale.

 

D’où vient la médecine orthomoléculaire ?

Commençons par une petite anecdote : lorsque je me suis installé en région PACA, au début des années 90, j’étais le président d’une association, l’ADMO (Association pour le développement de la médecine orthomoléculaire). En effet, à la même époque j’avais rencontré le Professeur Linus Pauling à Palo Alto, en Californie, le « père » de la médecine orthomoléculaire, et il m’avait demandé d’être le « parrain » de cette approche médicale en France.

Cela a fortement déplu à l’Ordre des médecins de la région PACA, qui me convoqua pour « apologie de charlatanisme ». Le problème fut vite réglé et je changeais le titre de l’Association qui devint ADNO, Association pour le développement de la nutrition orthomoléculaire, et échappais ainsi au domaine de compétence de l’Ordre.

Comment peut-on définir ce concept de nutrition (ou médecine) orthomoléculaire ?

C’est Linus Pauling[3] lui-même qui en esquissa les bases en publiant, en 1968, un ouvrage : Psychiatrie Orthomoléculaire, dans lequel il démontrait que des doses très largement supérieures aux doses physiologiques en vitamine C pouvaient guérir ou améliorer des troubles psychiatriques proches de la schizophrénie. Par la suite, il fonda avec le psychiatre Abram Hoffer[4], la Société internationale de Médecine orthomoléculaire[5].

L’approche orthomoléculaire consiste donc à déterminer pour un individu donné, dans une situation donnée, quel peut être l’apport optimum en nutriments (vitamines, minéraux, acides gras, antioxydants végétaux) pour lui permettre d’avoir un maximum de chances de guérir et de retrouver la santé. Je vous en ai déjà largement parlé à travers mes lettres sur l’immunité et la protection contre les infections virales, et d’ailleurs, à ce sujet, les recommandations[6] de la Société Internationale de Médecine Orthomoléculaire me confortent pleinement.

Nous sommes là dans la réflexion probablement la plus complexe en matière de santé : comment déterminer cet apport optimum en nutriments ? Puisque Pauling lui-même, à la fin de sa vie, disait qu’il n’y était jamais vraiment arrivé.

Eh bien c’est ce que j’ai essayé de trouver pendant plus de quarante années de pratique médicale, et je ne peux que confirmer que Pauling avait bien raison, car :

  • les fameux AQR ne sont que des seuils minimalistes nous permettant (en principe) de ne pas déclencher des maladies en relation avec des déficiences nutritionnelles ;
  • il ne peut donc y avoir de recettes toutes faites pour tout le monde ;
  • l’apport ne peut qu’être défini à un instant donné pour un individu donné ;
  • les moyens pour déterminer cet apport ne peuvent venir que d’une consultation approfondie et orientée vers cette recherche auprès d’un spécialiste.

Quelles sont alors les bases de cette consultation ?

  • L’interrogation de la personne sur toutes ses conditions de vie depuis sa naissance, même in utero et même celles de ses parents. On a découvert, par exemple, que les enfants de parents fumeurs (indépendamment d’une exposition précoce au tabac) auraient des besoins supérieurs en vitamine C.
  • L’examen approfondi des organes qui peuvent être affectés par un déficit (même léger) en nutriments et micronutriments, en commençant par la peau, les ongles, les cheveux et en continuant par différentes fonctions physiologiques, comme la fonction cardiaque, pulmonaire, hépatique ou rénale.
  • Enfin, pour confirmer les hypothèses tirées de l’interrogatoire et de l’examen clinique, on propose différents bilans nutritionnels. J’en reparlerai plus loin, mais disons d’emblée que le prix de ces bilans (non remboursés pour la plupart) en limite, malheureusement, la prescription. Il existe encore une autre limite : c’est celle du temps et de l’énergie que le thérapeute doit consacrer à ce type de consultation. Et le temps, c’est de l’argent, comme nous le savons tous…

Une alimentation équilibrée et variée peut-elle suffire à couvrir nos besoins en vitamine C ?

Je vais répondre grossièrement : oui, si vous êtes en bonne santé, ne fumez ou ne buvez pas à l’excès, ne vivez pas dans un milieu trop pollué, ne prenez pas de pilule anticonceptionnelle, d’aspirine ou d’autres médicaments interférant avec l’absorption de la vitamine C, et n’êtes pas porteur d’une maladie du tube digestif comme la maladie de Crohn ou une hyperperméabilité intestinale (plus courante) qui modifient considérablement vos capacités d’absorption de la vitamine C.

Mais comme je vous l’ai expliqué plus haut, ce n’est pas si simple. La plus fragile et la plus essentielle des vitamines, la vitamine C, est le parfait exemple permettant de répondre à la question ci-dessus.

Si nous avons compris que la notion d’AQR n’est que minimaliste, comment définir des seuils adaptés à chacun de nous ?

Les êtres humains font partie des quelques animaux (dont certains singes rhésus, les cobayes, certaines chauves-souris et les perroquets) qui, ne synthétisant pas leur propre vitamine C, doivent entièrement la recevoir de leur environnement. Le singe, l’animal dont le métabolisme est plus proche du nôtre, synthétise 4000 mg de vitamine C par jour pour 50 kilos de poids. En ce cas, la dose optimum de vitamine C pour un humain pourrait donc se situer entre ces AQR améliorées (de 100 à 200 mg/jour) et quelques grammes. Mais où peut-elle se trouver plus précisément ? Linus Pauling a longtemps préconisé des doses de plusieurs grammes.

Lorsqu’on analyse la saturation des globules blancs et du plasma pour des doses d’environ 200 mg de vitamine C, on constate que la courbe a tendance à s’aplatir et qu’il faut beaucoup de vitamine C en plus pour élever un peu la courbe. Ainsi, même au-delà d’un apport de 1 000 mg/jour, les globules blancs et le plasma continuent de se charger en vitamine C – d’où l’intérêt d’une supplémentation conséquente. Dans d’autres tissus, l’œil en particulier, les concentrations sont également bien supérieures lorsque les doses sont augmentées. C’est un fait très important quand on sait que la prise régulière de vitamine C permet de prévenir la cataracte.

En fait, ce raisonnement à propos de la vitamine C, c’est celui que le thérapeute en nutrition orthomoléculaire applique à tous les nutriments essentiels à la santé, comme les vitamines A, B, D, E, K et les minéraux (zinc, sélénium, cuivre, magnésium), afin de nous permettre de mieux prévenir[7] les maladies et les infections (dont le Covid), et de nous conduire, sans risque de sous- ou surdosage, à une « super-santé » ou une « super-nutrition ».

Et cet apport en nutriments essentiels commence dans l’assiette. Pensez-y quand vous faites vos courses. Pour vous y aider, voici une liste d’aliments avec leurs apports nutritionnels en vitamine C :


Sources alimentaires de vitamine C par ordre décroissant :

Baies d’églantier : 250 à 3000 mg/100 grammes

Cassis : 130 à 220 mg/100 grammes

Kiwis : 30 à 200 mg/100 grammes

Agrumes, fraises : 30 à 70 mg/100 grammes

Choux-fleurs, choux : 50 à 70 mg/100 grammes

Foie, rognons : 50 à 70 mg/100 grammes

Pommes, poires, pêches, raisin : 2 à 15 mg/100 grammes

Légumes verts, salades, pommes de terre : 2 à 15 mg/100 grammes

Viande, poissons, laitages : 0 à 2 mg/100 grammes

Mais sachez bien que ces apports sont dépendants des conditions de culture et de stockage, comme je vous l’ai expliqué plus haut. On entend souvent dire qu’une pomme de 1950 vaudrait 100 pommes d’aujourd’hui. Sans aller jusqu’à cet extrême, on peut considérer qu’il y a de nos jours une perte en nutriments de 10 à 20 % par rapport au milieu du siècle dernier.

Si on considère – et cela est valable pour tous les nutriments essentiels – qu’un apport au-dessus des AQR peut être nécessaire dans un certain nombre de situations, on se rend vite compte qu’une supplémentation devient nécessaire. Qu’elle soit ponctuelle ou prolongée, elle doit être définie et précisée avec tous les outils que j’ai décrits.

En ce qui concerne la vitamine C et certaines vitamines essentielles à la vie (littéralement, « vitamine » signifie « amine nécessaire à la vie »), la supplémentation est nécessaire quasiment en permanence. Mais à quels taux et sous quelle forme ? C’est ce que je développerai dans ma prochaine lettre.

Surveillez donc bien vote boîte mail,

Docteur Dominique Rueff




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