Connaissez-vous l’inositol ?

Chère amie, cher ami,

Vous ne connaissez peut-être pas l’inositol, mais il est possible que vous ayez entendu parler de « vitamine B7 ». C’est l’autre nom qu’on lui donne… à tort. En effet, on ne peut pas considérer l’inositol comme une vitamine puisque notre organisme est en mesure de le synthétiser.

Comme j’ai mentionné l’existence de l’inositol dans une précédente lettre sur le sommeil[1] où je traite du GABA, je vous devais cette petite explication.

L’inositol est un sucre naturel synthétisé à partir du glucose. Il a été identifié au milieu du XIXe siècle, mais son composant principale, le myo-inositol, n’a pu être extrait qu’à la fin du siècle.

On retrouve l’inositol dans les membranes de nos cellules, avec une plus grande concentration dans celles du cœur et du cerveau. Il est également présent dans le foie, où il aide à brûler les graisses. Les muscles ainsi que les nerfs en ont aussi besoin pour fonctionner correctement. 

 On trouve l’inositol dans le lait maternel, car c’est un nutriment essentiel pour les nouveau-nés. Mais en grandissant, il n’est plus considéré comme essentiel, puisque l’organisme peut le synthétiser via la consommation de sucres.

Bien qu’un régime de type occidental, riche en graisses, en sucres et pauvre en fibres puisse perturber l’apport en inositol, aucun syndrome clinique lié à un déficit n’a jamais été documenté. La consommation moyenne journalière d’inositol dans le cadre d’une alimentation de ce type est d’environ 900 mg pour 2500 kcal.

Les meilleures sources d’inositol sont le foie, la viande bovine ou porcine et la levure de bière. Les oléagineux (noix, noisettes, amandes), les légumineuses (lentilles, haricots rouges), les céréales complètes (avoine, blé, germe de blé, sarrasin), les agrumes (orange, citron, pamplemousse), les fraises, les melons et certains légumes (chou-fleur, petits pois) sont aussi de bonnes sources d’inositol. Pour exemple, une portion de 120 g de pamplemousse contient 470 mg d’inositol.

Quel est l’intérêt de se supplémenter en inositol ?

Si l’on ne risque pas de souffrir d’une carence en inositol, une supplémentation peut s’avérer très utile dans certains cas.  Ce nutriment peut en effet agir sur trois grandes cibles :

  • les troubles gynécologiques (plus particulièrement l’infertilité) ;
  • le syndrome métabolique et ses corollaires, la prise de poids et le diabète ;
  • certains troubles psychiatriques (dépression, TOCs).

Voyons plus précisément comment ce nutriment agit sur ces troubles.

Infertilité et syndrome prémenstruel

La principale cause d’infertilité féminine est le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une pathologie endocrinienne qui touche 5 à 10 % des femmes en âge de procréer. Son appellation provient de l’accumulation de multiples petits kystes autour des ovaires. La pathologie engendre souvent une infertilité liée à des troubles de l’ovulation, mais également d’autres symptômes parmi lesquels l’insulinorésistance.

Les symptômes du SOPK comprennent :

  • des règles irrégulières
  • de l’acné
  • de l’hyperpilosité
  • des problèmes de fertilité
  • une résistance à l’insuline

Ces symptômes peuvent entraîner des problèmes émotionnels, notamment la dépression, l’anxiété et une faible estime de soi. La gestion des symptômes du SOPK peut être difficile, mais il existe plusieurs façons de les contrôler. La médecine allopathique conseille souvent, dans cette situation, un médicament antidiabétique, la metformine, et des dérivés hormonaux de synthèse dits « antiandrogènes ». Ces deux traitements ne sont pas dénués d’effets secondaires.

L’inositol agit de façon beaucoup plus naturelle sur ces symptômes, en particulier sur la résistance à l’insuline (qui apparaît lorsque le corps ne répond pas normalement à l’insuline hormonale) et l’hyperandrogénie (taux élevés d’hormones mâles), dont les symptômes sont les règles irrégulières, l’excès de poils sur le visage et le corps, l’acné et la perte de cheveux.

Une étude de 2017[2] montre que 88 % des patientes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques et traitées quotidiennement avec 2 g de myo-inositol et 200 µg (microgrammes) de vitamine B9 retrouvent des cycles réguliers au bout de trois mois de supplémentation. Dans le même échantillon, 70 % des patientes ont retrouvé un cycle normal et sont tombées enceintes de manière spontanée.

Le myo-inositol permet donc de favoriser l’ovulation, et par conséquent la grossesse.

Il agit également sur le syndrome prémenstruel qui affecte, à des degrés divers, la majorité des femmes en âge de procréer, tant à cause des douleurs du bas-ventre, du gonflement de la poitrine, que des sautes d’humeur et de la dépression. Une étude réalisée en 2011[3] a ainsi démontré qu’une dose quotidienne de 2 g d’inositol pouvait améliorer ces troubles.

Par ailleurs, les jeunes femmes souffrant du syndrome prémenstruel et/ou de troubles des ovaires polykystiques ont souvent des difficultés à maîtriser leur poids, du fait de leur syndrome métabolique et de ses conséquences possibles sur le risque cardiovasculaire. En raison de son action sur le métabolisme des lipides, l’inositol pourrait augmenter la part de bon cholestérol présent dans l’organisme, et prévenir la formation de plaques d’athérome, en éliminant les dépôts lipidiques sur les parois des vaisseaux sanguins et des artères.

Une étude[4] a notamment démontré qu’une supplémentation en inositol faisait baisser significativement les niveaux de triglycérides et de mauvais cholestérol. En association avec d’autres nutriments, l’inositol permet également d’accélérer la perte de poids chez les personnes obèses.

Dépression, troubles anxieux et TOCs

Après avoir découvert que le taux sanguin d’inositol est souvent plus bas chez les personnes souffrant de dépression, les scientifiques ont voulu évaluer si l’augmentation de ce nutriment grâce à une supplémentation réduirait les symptômes. Une méta-analyse a confirmé cette hypothèse[5]. Une autre étude[6] (parmi beaucoup d’autres) a établi un lien entre des taux bas de cette molécule au niveau du cortex frontal, et la dépression ainsi que les troubles du sommeil chez les adolescents.

Des résultats impressionnants ont également été observés chez les personnes souffrant de crises de panique et d’anxiété. Comme les traitements médicamenteux proposés dans ces cas-là (anxiolytiques, antidépresseurs) entraînent souvent des effets secondaires, les chercheurs ont voulu comparer leur efficacité à celle du myo-inositol et ont mené des essais concluants[7]. L’inositol est donc une molécule intéressante en remplacement des antidépresseurs et anxiolytiques, puisque contrairement à ces derniers, elle n’a pas d’effets secondaires. Elle peut ainsi être utilisée pour lutter contre l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil ou encore les TOCs, même si des études de grande envergure sont encore nécessaires pour consolider ces résultats.

Enfin, j’ai constaté que l’association d’inositol, de glutamine, de zinc, de vitamines du groupe B et de nucléotides[8] dans un complexe spécifique, l’ADN Regen®, était particulièrement efficace dans les situations de stress post-traumatique, ainsi que pour stimuler la cicatrisation et la croissance cellulaire. 

Comment expliquer l’efficacité de l’inositol sur ces différentes pathologies ?

Son action sur les troubles psychiatriques peut s’expliquer par le fait que cette molécule est présente massivement dans les nerfs. Par ailleurs, on pense que l’inositol soutient la production des neurotransmetteurs, ces messagers chimiques qui relaient les informations à travers notre cerveau. L’un d’eux est la sérotonine, cette hormone « de la paix et de la tranquillité ». Ce qui est intéressant, c’est que 90 % de la sérotonine du corps est produit dans l’intestin et seulement 10 % dans le cerveau. 

Inositol et diabète

Le diabète est impacté par une déficience en inositol, puisqu’il est une conséquence d’une mauvaise gestion de la résistance à l’insuline.

Comme pour les troubles du métabolisme de manière générale, l’intérêt de l’inositol pour réguler le diabète réside dans sa capacité à améliorer la sensibilité à l’insuline. Une étude[9] sur le diabète gestationnel (celui de la femme enceinte) a révélé qu’un traitement par myo-inositol permettait d’éviter le recours à l’insuline dans 75 % des cas. Toutefois, ces résultats doivent être interprétés avec prudence en l’absence de données suffisantes.

On peut recommander la prise régulière d’inositol chez toute personne atteinte de résistance à l’insuline ou de syndrome métabolique avec excès de triglycérides, et plus encore si elle est en surpoids.

Inositol et thyroïde

L’iode est indispensable au bon fonctionnement de la thyroïde, mais également de l’hypophyse et du pancréas. Or, la carence modérée en iode est courante. C’est pour cette raison que je recommande de faire pratiquer régulièrement un dosage de l’iode dans les urines de 24 heures (appelée « iodurie de 24 heures »). Pour plus d’informations à ce sujet, je vous recommande la lecture de ma lettre « L’effet papillon »[10].

Une supplémentation en iode est donc recommandée pour pallier à la fois le manque d’iode et les troubles de la fonction thyroïdienne. C’est là que l’inositol se montre intéressant : une étude clinique[11] a démontré que l’inositol, associé au sélénium, était capable de moduler la production de peroxyde d’hydrogène, une molécule cruciale à la fois dans l’assimilation de l’iode, mais aussi dans la synthèse des hormones thyroïdiennes.

Où trouver l’inositol en complément alimentaire ?

On trouve de l’inositol sous forme de gélules ou de poudre. Cette dernière est inodore et sans saveur. Pour mesurer les doses conseillées, la poudre est plus adaptée. Je conseille celles de BioveaMyprotein ou Bulk (disponible en sachet de 1 kg, pour ceux qui préfèrent commander en grandes quantités).

Posologie

Il n’existe, à l’heure actuelle, aucun consensus officiel sur la posologie. Les doses recommandées se réfèrent donc à celles qui se sont montrées efficaces au cours des études cliniques.

  • Troubles anxieux et psychiatriques : 12 à 18 g par jour (soit une cuillère à café) d’inositol pendant 4 à 6 semaines ;
  • Syndrome prémenstruel et syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : 2 g par jour d’inositol matin et soir pendant 3 mois, avec 200 µg d’acide folique 2 fois par jour ;
  • Diabète gestationnel : 2 g d’inositol et 400 µg d’acide folique, 2 fois par jour pendant toute la grossesse ;
  • Syndrome métabolique : 2 g d’inositol, 2 fois par jour pendant 1 an ;

Précautions d’emploi

À ce jour, aucune étude n’a indiqué de contre-indications à l’utilisation de l’inositol.

Par mesure de précaution, il ne peut être utilisé chez les enfants de moins de 12 ans et chez les femmes enceintes et allaitantes sans l’avis d’un professionnel de santé.

D’une manière générale, la molécule est dépourvue d’effets secondaires. Cependant, quelques cas de troubles digestifs légers, de nausées, de flatulences et de diarrhée ont été rapportés lors de l’utilisation de dosages élevés. Ils s’estompent dès la diminution des doses et ne compromettent pas tous les effets positifs que vous pouvez retirer de cette supplémentation, à condition de respecter les doses indiquées ci-dessus.

Synergies nutritionnelles

Enfin, pour un effet optimisé, je recommande d’associer la prise d’inositol à un complexe de vitamines du groupe B. Et en cas de troubles du sommeil, associez-le au GABA, pris une demi-heure avant le coucher.

Surveillez bien votre boîte mail,

Docteur Dominique Rueff


[1] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/precieux-sommeil-partie-4/

[2] Zheng X, Lin D, Zhang Y, Lin Y, Song J, Li S, Sun Y. « Inositol supplement improves clinical pregnancy rate in infertile women undergoing ovulation induction for ICSI or IVF-ET ». Medicine (Baltimore). 2017 Dec; 96(49):e8842. doi: 10.1097/MD.0000000000008842..

[3] Gianfranco C, Vittorio U, Silvia B, Francesco D. « Myo-inositol in the treatment of premenstrual dysphoric disorder ». Hum Psychopharmacol. 2011 Oct;26(7):526-30. doi: 10.1002/hup.1241..

[4] Tabrizi, R., Ostadmohammadi, V., Lankarani, K.B. et al. « The effects of inositol supplementation on lipid profiles among patients with metabolic diseases: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials ». Lipids Health Dis, 2018. https://doi.org/10.1186/s12944-018-0779-4

[5] Mukai T, Kishi T, Matsuda Y, Iwata N. « A meta-analysis of inositol for depression and anxiety disorders ». Hum Psychopharmacol. 2014 Jan;29(1):55-63. doi: 10.1002/hup.2369

[6]  A.S. Urrila et al., « Frontal cortex myo-inositol is associated with sleep and depression in adolescents : A proton magnetic resonance spectroscopy study », European Psychiatry, 8 juillet 2017, doi : 10.1016/j.eurpsy.2017.02.328

[7] Levine J. « Controlled trials of inositol in psychiatry ». Eur Neuropsychopharmacol. 1997 May;7(2):147-55. doi: 10.1016/s0924-977x(97)00409-4.

[8] Les nucléotides sont les briques de constructions de l’ADN et de l’ARN participant à de nombreux processus fondamentaux dans l’organisme. Ils sont utilisés depuis plus de 30 ans en nutrition clinique et infantile pour leurs effets bénéfiques sur la division cellulaire (croissance et renouvellement des cellules saines), la préservation et la restauration de la muqueuse intestinale et de sa fonction barrière, la modulation de la réponse immunitaire et l’accélération de la récupération : stress intense, asthénie, traumatisme, pathologie…

[9] V. Lubin, et al., « CA-100: Le traitement du diabète gestationnel par myo-inositol permet d’éviter l’insulinothérapie dans ¾ des cas. Résultats d’une étude pilote ». Diabetes & Metabolism, 2016, https://doi.org/10.1016/S1262-3636(16)30232-4

[10] https://www.lettre-docteur-rueff.fr/leffet-papillon/

[11] Nordio M, Basciani S. « Myo-inositol plus selenium supplementation restores euthyroid state in Hashimoto’s patients with subclinical hypothyroidism ». Eur Rev Med Pharmacol Sci. 2017 Jun;21(2 Suppl):51-59.




N'hésitez pas à commenter la lettre de ce jour ci-dessous. Veuillez cependant noter que, en raison du très grand nombre de commentaires, le Dr Rueff ne pourra pas vous répondre individuellement.


2 réponses à “Connaissez-vous l’inositol ?”

  1. Fayolle Guy dit :

    Bonjour,
    Je profite de cette lettre pour revenir sur un autre sujet, la parodontite. Je fais référence à votre lettre de décembre 2018 dans laquelle vous précisez qu’il faut trouver un dentiste qui possède un microscope à contraste de phase.
    Connaissez-vous des dentistes qui possèdent ce type d’équipement ou tout du moins où peourrais-je trouver l’information ?
    Je pratique la mtc et la naturopathie et plusieurs de mes clients seraient très intéressés (je pratique dans le secteur Hérault-Gard)
    Je vous remercie d’avance de votre réponse et vous remercie de toutes vos lettres fort intéressantes
    Bien cordialement
    Guy Fayolle

  2. SILLIAU Jean-Pierre dit :

    Bonjour Docteur RUEFF,
    Un grand merci pour ces précieuses informations sur l’inositol que je vais m’empresser de mettre en pratique.
    Merci pour votre générosité et vos partages.
    Très cordialement,
    Jean-Pierre SILLIAU

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